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ChroniquesPublié le 31 janvier 2022

Le Plaisir dans l'Action -Chronique Radio Balise Anne Sophie Tonnerre

"Aujourd’hui, Sur Radio Balise on va parler du plaisir dans l’action professionnelle, j’entends déjà

certains me dire « du plaisir dans le travail ? Impossible ! »

"Pourtant si je vous fais vous replonger dans une journée de travail, qu’est-ce qui fait qu’un

jour la journée passe à une vitesse extraordinaire puis un autre jour, elle est terriblement

longue ? Qu’est-ce qui fait que parfois je m’emballe, je me passionne, je produis ; puis

d’autres jours, je végète, je procrastine, je délègue ? On voit bien que le temps n’est bien

qu’une question de perception. Pour ne pas dire une illusion (mais c’est un autre débat).

Alors qu’est-ce qui se cache derrière mon sentiment de ne pas compter mon temps, de ne

pas regarder la montre quand j’exécute une tâche ? Ce qui se cache derrière, c’est le plaisir.

C’est le plaisir que je peux associer à l’exécution même de cette tâche. Ce n’est absolument

pas la nature même de la tâche. La preuve : je peux faire quelque chose d’extrêmement

minutieux avec un bonheur et un plaisir que je ne boude pas. À l’inverse mon collègue

s’étonnera que je puisse prendre autant de temps et de plaisir à faire quelque chose que lui

considéra comme rébarbatif, fastidieux ou encore inutile."

"Alors, qu’est ce qui fait que moi je prends du plaisir à exécuter une certaine tâche alors que mon collègue non ?

Et bien la réponse se situe bien dans la singularité de chaque individu. Au cœur de notre

identité, au cœur de notre personnalité se niche un moteur d’action qui se déclenche sans

intervention consciente de notre part. On appelle cela notre Mode Opératoire. Il représente

une dimension cachée de notre identité. C’est un peu comme le mode de fonctionnement de

notre cerveau. Il a été élaboré entre 0 et 16 ans, au moment où il est le plus malléable. C’est

en somme le fruit de nos expériences passées, heureuses comme malheureuses, de notre

personnalité, de nos talents et surtout des interactions que l’on a eues avec nos parents,

frères, sœurs, enseignants et pairs.

Qu'est ce qui fait que je ne m'en rends pas compte?

Et bien avant tout parce que ce mode opératoire est une série d’automatismes inconscients

qui nous permet d’avoir le bon geste au bon moment. Puis, il est niché dans ce qu’on

appelle la mémoire procédurale. Et notre mémoire procédurale, c’est notre mémoire de

l’action.

Un exemple concret?

Le meilleur exemple qui illustre cette mémoire de l’action, c’est le vélo. Ce qui est

formidable avec le vélo c’est qu’une fois que vous avez appris à faire du vélo, vous n’avez

plus besoin de réapprendre. Cela peut faire plusieurs années que vous n’êtes pas remonté sur

un vélo et pourtant le jour où vous devez en refaire, il n’y a aucun problème. C’est

formidable parce que c’est inscrit dans votre mémoire de façon indélébile.

En revanche, l’inconvénient, c’est que vous êtes incapable concrètement, par les mots,

d’expliquer à un enfant par exemple, comment faire du vélo. Vous allez pouvoir lui donner

des tuyaux, lui tenir la selle… mais concrètement pour apprendre à faire du vélo, il va

devoir passer par l’expérience personnelle. Et bien ici c’est pareil, tous ces moments où

vous ne comptez pas votre temps au boulot et bien vous faites une série d’automatismes qui

sont enregistrés dans cette mémoire.

Et c'est quoi ces automatismes?

Et bien c’est votre excellence, votre plus beau talent. Vous le faites bien, facilement et le

comble, vous le faites dans le plaisir. Vous le faites si bien que les autres le comprennent et

sollicitent souvent votre aide sur ce sujet. Ils en ont une meilleure conscience que vous.

Alors j’invite chacun de nos auditeurs à se poser ces questions. Est-ce qu’il y a des moments

où j’arrive à me relier à ce plaisir dans mon travail ? Est-ce j’ai beaucoup de moments où je

ne compte pas mon temps au travail ? La clé elle est là.

Nous sommes dans une société où parfois nous avons été orienté vers un métier pour

répondre à des considérations financières, matérielles, familiales et pas pour répondre à nos

aspirations profondes.

Penser et identifier ce qui vous procure du plaisir dans l’action, c’est la promesse de ne plus

jamais travailler de sa vie puisqu’on oriente notre quotidien sur ce que l’on fait parfaitement

et sans compter son temps. Formidable non

Ok mais si chacun fait ce qu’il veut et ce qui lui plait, l’entreprise là-dedans ? Elle n’y trouve pas son compte

Et bien si justement. Je précise que la vague dite de « la grande démission » qui a touchée

les États-Unis l’été dernier avec plus de 4,3 millions de départs volontaires pour le seul mois

d’août est arrivée en France. Cette crise sanitaire elle a, aussi, offert la formidable

opportunité pour certain de s’interroger sur le sens qu’ils souhaitent donner à leur vie

professionnelle. Aussi, soit l’entreprise prend conscience de cet état de fait soit elle

accentuera ses difficultés.

Il est fini ce temps où on disait « personne n’est irremplaçable ». Les difficultés de

recrutement le prouvent. Chacun a sa singularité et son talent et peut trouver sa bonne place."

Podcast

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