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ChroniquesPublié le 25 octobre 2022

L’histoire du triangle dramatique de Karpman

Gael CONAN, coach certifié en prévention et accompagnement de l'épuisement professionnel et parental

Association Sortir de mon Burn out

Qu’est-ce que c’est cette histoire de triangle dramatique Gaël ?

Vu son p’tit nom, on sent déjà que c’est pas forcément un truc sympa… Alors, en fait, on va positiver et le prendre comme un jeu que chacun de nous vit et peut faire vivre à son entourage lors de chaque rencontre. A son insu, ou volontairement…

C’est un concept tiré de ce qu’on appelle l’Analyse Transactionnelle, une théorie psychologique et une méthode psychothérapeutique, créé par Eric Berne dans les années 60. Cette analyse est basée sur la personnalité, les rapports sociaux et la communication.

Aujourd’hui, le Dr Stephen Karpman, psychiatre américain et découvreur en 1997, de ce principe de fonctionnement des relations humaines, préfère l’appeler le triangle compassionnel.

On le définit également par la relation Sauveur-Persécuteur-Victime. Chaque pointe du triangle représente un de ces personnages, une attitude, et on peut basculer de l’une à l’autre très rapidement.

Est-ce qu’on peut avoir un exemple de cette relation ?

Avec plaisir Emmanuel, et pour tenter d’être clair, je vais faire appel à nos cours d’Actor’studio, afin de faire ressentir et entendre à nos auditeurs, ces différents changements de personalités que chacun peut vivre avec ce petit sketch :

On va prendre l’hypothèse que je viens de faire tomber ma tasse de café…Le jeu pour nos auditeurs, c’est de deviner quel personnage nous incarnons tour à tour entre le Persécuteur, la Victime et le Sauveur? On y va ? Moi : « Ooooh c’est pas vrai, ma tasse est tombée par terre… c’est pas possible …c’était ma tasse préférée…comment j’vais faire, elle est abimée maintenant et il y a du café partout… »

Emmanuel : « Attends Gaël, ne bouge pas, on va nettoyer et je vais regarder pour la réparer, si elle n’est pas trop cassée… »

Moi : « Non, c’est bon, j’peux le faire moi-même Emmanuel, de quoi tu te mêles… ».

Emmanuel : « Eh bien, t’as cas te débrouiller si c’est comme çà »

Alors voilà Emmanuel, ce petit sketch pour vous montrer la vitesse avec laquelle une situation, somme toute banale et sans gravité, peut évoluer de façon désagréable… où on voit qu’on peut changer de rôle dans le triangle et laisser les choses s’envenimer gentiment…

Je me suis tout d’abord positionné en Victime avec l’expression « Ooooh c’est pas vrai… », vous avez pris la position de Sauveur avec « attends je vais t’aider », à laquelle j’ai répondu avec mon petit Persécuteur « non, c’est bon… » et vous m’avez d’ailleurs répondu avec le même positionnement « Débrouille toi ». Voilà concrètement, en 4 phrases, nous avons fait le tour du triangle dramatique de Karpman en changeant de rôle tour à tour.

Il faut savoir que cette façon de penser est également pratiquée dans nos réflexions internes avec tout ce que ça peut avoir comme conséquences sur notre état d’esprit, comme le pessimisme, l’auto-dévalorisation.... Attention, il faut comprendre que chacun des personnages qu’on adopte, trouve son intérêt au moment où on l’utilise.

Pour le Persécuteur, c’est le pouvoir sur autrui, la Victime, elle, attends qu’on prenne soin d’elle et le Sauveur, lui, se sent valorisé par l’action qu’il projette de faire.

Mais alors Gaël, comment faire pour éviter de tomber dans ce cercle vicieux ?

Eh bien, Il faut arriver à prendre du recul instantanément sur la situation…, regarder ce qui se joue en moi dans la relation avec mon interlocuteur. C’est comme prendre la place d’un observateur qui analyse la scène et se pose la question « comment réagir de façon neutre à cette situation ». On fait mentalement, ce qu’on va appeler un pas de coté pour observer la situation.

Prendre ce temps d’observation a un second avantage, c’est se laisser le temps nécessaire pour ressentir ses émotions, les observer et ne pas se laisser submerger par elles en répondant du tac au tac Connaitre et reconnaitre que ce triangle est entrain de se mettre en place, c’est aussi se rappeler qu’on peut utiliser les principes de la Communication bienveillante pour désamorcer celui-ci.

C’est-à-dire, décrire la situation qui nous gêne, exprimer son ressenti, ses émotions, trouver avec l’autre une solution et conclure positivement.

Bien souvent, ce triangle est présent dans les relations d’équipe au sein de l’entreprise et il est important pour les managers de reconnaitre quand celui-ci se met en place. Ceci, afin de pouvoir désamorcer la situation, éviter la surenchère et de perdre de l’énergie dans des disputes stériles, pour être plus serein dans son management.

Apprendre à connaitre le fonctionnement de ce triangle dans nos relations familiales et professionnelles, c’est adopter un comportement d’adulte qui pose les choses, mais il n’est pas toujours facile de le voir arriver notamment si on est fatigué ou stressé.

Voilà, j’espère que cette explication sur le triangle de Karpman vous aura interpellé et n’hésitez pas à prendre contact avec moi ou avec la Clinique du Travail si vous souhaitez en reparler.

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